L'été est là (du moins on est en Août), et son lot de festivals. Je me suis rendu pour la première fois aux Escales de St-Nazaire, direction le port donc, et son patchwork d'architecture militaire / nazi / commerciale / française/ de reconstruction.
C'est un festival assez frustrant pour un nouveau venu, parce qu'il y a pleins de paramètres auquels on ne s'attend pas, on est donc forcé de se lancer à l'exploration, on ne peut pas consommer pépère, quoi!
Tout d'abord, il est assez difficile, si l'on a pas de plan dans la poche et qu'on ne connait pas le site, qu'il y a n on pas 2 scènes et un village comme on pourrait croire, mais 5 scènes et au moins 4 villages, et au minimum 2 concerts en simultané. Impossible donc de se dire que l'on va passer d'un concert à l'autre et ne rien manquer.
Première découverte: Rokia Traoré était programmée à 18h30 et il est... 21h12.
Je me contente de Bibi Tanga et les Selenites, l'artiste chouchou du sponsor Radio Nova, très bof.
Seconde découverte: comme je suis venue en voiture et que je souhaite me désaltérer sans m'altérer, je cherche une bière sans alcool. Et là, punition! Dans tous ces altercafés et cantines bio, pas bio, etc..., me voilà réduit à boire un soda importé très connu.
21h47: dans la salle Jacques Brel, ça a l'air plus intéressant mais c'est plein, ultra plein même, j'apprendrais donc plus tard qu'il s'agissait de Victor Démé sans avoir vu ni entendu grand chose.
C'est là que je tombe, vers 22h32, au détour d'un hangar, la grande scène avec Youssou N'Dour, qui fait du Youssou N'Dour, c'est à dire une musique hiératique et insipide, avec un chanteur star au timbre inimitable qui déteste trop transpirer. Heureusement c'était les deux derniers morceaux, je n'ai pas manqué grand chose. Consternant de voir que les gens sont contents.
Hop! un tour à la baraque à frites bio où Catherine L., où Carine M. (le prénom a été modifié pour préserver le job saisonnier d'une employée du festival) me confie que le N'Dour, "c'est le Noir qui fait de la musique qui plaît aux Blancs".
Je découvre alors la cosmique scène estuaire:

23h01: Yes! Enfin du bon! The Ex & GETATCHEW MEKURIA le saxophoniste éthiopien, un papy qui envoie...
C'est trop vite fini, vous l'avez compris, ce festival, c'est une suite de rendez-vous manqués ou avortés, je prends cependant bonne note de l'heure de passage d'Electro Bamako, qui passe en dernier, vu l'heure de passage, la scène et le nom, ça devrait être bon...
Minuit et quelques: Tony Allen, ça commence bien, on s'endort au bout de 3 morceaux, faut arrêter les longues tournées en Europe en tour bus et avoir au moins une personne un peu charismatique sur scène. Tiens, qui voilà en survet'? L'ami Youssou a fini sa douche et remet une couche, la voix et le timbre toujours aussi magique et l'homme toujours aussi fainéant "Lélio! Lélio!" puis "Tony Allen, Tony Allen, is a great something..." congrats, guy, now , go back to the hotel.
Admirez la qualité de la prise de vue:

Je me barre donc avant la fin,je tombe sur la scène DJ, sympatoche comme endroit, puis la grande scène où les vieux papys jamaïcains de Inna de yard bossent bien, mais ça mérite d'être vu dans un salle intime, pas sur le port. Je vous fais grace des photos, elles sont misérables, et pas qu'à cause du téléphone portable.
01h01: en route pour l'electro Bamako, avec le vieux mais bon rocker Marc Minelli , des machines , deux koras. En dépit du ligne Array, le son n'est pas bon, mais l'esprit est là!

Juste un conseil aux éclairagistes de melpomen: jetez votre grand MA de mes deux, et arrêtez de nous faire des trucs dignes de la discothèque le César, oui, oui, celle qui craint, celle sur le parking du centre commercial, à la frontière de la Bordurie...